Par Nathan Mambo Kinsengwa, Financier des marchés
Après plusieurs années de forte progression alimentée par les tensions géopolitiques, les achats massifs des banques centrales et les craintes inflationnistes, le métal jaune fait désormais face à un nouvel environnement macroéconomique dominé par une politique monétaire plus restrictive aux États-Unis.
La Réserve fédérale américaine (FED), désormais dirigée par Kevin Warsh, affiche une volonté de maintenir la pression sur l’inflation et préserver la crédibilité de la politique monétaire américaine.
Malgré le ralentissement observé dans certains secteurs de l’économie, la banque centrale reste prudente et n’envisage pas, à court terme, un assouplissement significatif de sa politique.
Lors de sa dernière réunion, la FED a maintenu ses taux d’intérêt à leurs niveaux actuels tout en laissant entendre que de nouvelles hausses seraient possibles si les pressions inflationnistes persistent. Cette position a immédiatement renforcé le dollar américain et réduit l’appétit des investisseurs pour les actifs non rémunérateurs comme l’or. Ce qui, en grande partie, explique la chute du cours de l’or de ces derniers, le métal jaune étant corrélé négativement avec le dollar américain.
D’un point de vue fondamental, plusieurs facteurs exercent également une pression baissière sur l’or :
■ Des taux d’intérêt élevés qui augmentent le rendement des obligations ;
■ Un dollar américain relativement fort ;
■ Une inflation qui demeure au-dessus de l’objectif de la FED ;
■ L’accord entre les États-Unis et l’Iran ; et
■ Des anticipations de marché moins favorables à une baisse rapide des taux.
Cependant, le scénario n’est pas entièrement défavorable à l’or. Les tensions géopolitiques persistantes, les risques de ralentissement économique mondial ainsi que les achats continus des banques centrales constituent des soutiens structurels importants pour le métal jaune.
Pour les investisseurs et traders, les prochaines semaines seront particulièrement importantes. Les données sur l’inflation américaine (CPI et PCE), l’emploi (NFP) ainsi que les futures déclarations de Kevin Warsh pourraient déterminer la prochaine grande tendance du marché.
À court terme, le biais fondamental apparaît baissier. Néanmoins, toute dégradation de la situation économique ou géopolitique pourrait rapidement redonner à l’or son statut traditionnel de valeur refuge.
Sur le plan technique, l’or teste actuellement la zone stratégique des 4.000$ l’once (voir graphique). Ce support majeur pourrait servir de point d’appui à une reprise haussière, d’autant plus que le RSI en H4 présente une divergence haussière, souvent interprétée comme un signal précurseur de retournement.
Néanmoins, au-delà des considérations techniques, c’est surtout le contexte macroéconomique qui dictera la prochaine tendance du métal jaune.
Les décisions de la FED, les perspectives d’inflation et les attentes du marché quant à l’évolution des taux d’intérêt resteront les principaux facteurs de l’influence du cours de l’or dans les jours qui viennent.

