Le 02 juillet 2026 restera une date mémorable pour l’ensemble du corps académique de l’Université de Kinshasa. En effet, le Professeur PONGO OSOMBA W’OMATETE Léopold, ancien Chef de travaux en économie des ressources humaines à l’Unikin, a brillamment soutenu sa thèse de doctorat en Sciences économiques, marquant ainsi l’aboutissement d’un parcours scientifique rigoureux et engagé au service du développement.
Placée sous le signe de la rigueur méthodologique, cette recherche s’inscrit dans une problématique concernant la grande métropole de la RDC. Elle a porté sur l’« analyse de la pauvreté et de l’accessibilité des ménages aux biens et services sociaux de base dans la ville province de Kinshasa ». À travers cette étude, le désormais docteur a cherché à enrichir la compréhension des dynamiques complexes de la pauvreté multidimensionnelle en République démocratique du Congo.
L’objet principal de cette étude était celle de contribuer à une meilleure connaissance de la pauvreté multidimensionnelle en RDC, en apportant des réponses appropriées à des questions relative à la pauvreté urbaine et aux déterminants de l’accessibilité aux biens et services de base des ménages de la ville province de Kinshasa. Dans un contexte marqué par une urbanisation rapide et des inégalités persistantes, cette démarche scientifique apparaît comme une contribution décisive à l’élaboration de politiques publiques mieux ciblées.
Au-delà de cet objectif (principal), l’étude s’est articulée autour de plusieurs objectifs spécifiques, traduisant une volonté d’analyse fine et opérationnelle :
- Evaluer avec plus de précision l’ampleur du phénomène de la paupérisation des ménages de la Ville province de Kinshasa et en déterminant les causes ;
- Identifier les catégories de ménages (ou de populations) les plus touchées et pour lesquelles les interventions des pouvoirs publics seront efficaces en termes d’accès aux biens et services sociaux de base ;
- Analyser les déterminants de l’accessibilité des ménages aux infrastructures et services sociaux de base tels que l’électricité, l’eau potable, l’éducation, les soins de santé, les niveaux de vie des ménages ;
- Dégager les mesures de politique économique à l’attention des pouvoirs publics en vue d’améliorer l’accès des pauvres à ces biens et services publics.
Un cadre hypothétique structuré
Dans sa démarche scientifique, le Professeur PONGO OSOMBA W’OMATETE Léopold a formulé quatre hypothèses majeures, témoignant d’une réflexion approfondie sur les réalités socio-économiques kinoises :
- Première hypothèse : En se basant sur une ligne de pauvreté spécifique à la ville province de Kinshasa, l’ampleur de la pauvreté se passerait avec plus d’acuité qu’elle parait. C’est dire que le problème d’accessibilité aux biens et services publics des ménages Kinois ne serait pas aussi pire que l’indiqueraient les experts et la logique occidentale, à en croire le Professeur Eric Tollens (2003) ;
- Deuxième hypothèse : Les ménages ayant pour activité professionnelle de base l’informel et résident dans les quartiers défavorisés de Kinshasa, seraient les plus touchés par le phénomène de pauvreté ;
- Troisième hypothèse : Plus un ménage Kinois serait pauvre, plus faible serait sa capacité d’utilisation effective des biens et services publics. C’est dire que le niveau de revenu élevé d’un ménage pauvre ne lui garantirait pas un accès convenablement et durablement aux biens et services sociaux de base. Cet accès serait non seulement fonction de son niveau de revenu, mais plus largement de l’étendue de ses ressources sociales, monétaires, cognitives et de la façon dont il vaudrait mobiliser ses ressources, c’est-à-dire, interagir avec son environnement économique et social ;
- Quatrième hypothèse : L’intervention sélective de l’Etat dans certains secteurs sociaux-clés peut améliorer des couches sociales démunie de Kinshasa aux biens et services publics.
Des conclusions éclairantes…
S’agissant des relations existantes entre la pauvreté et l’accès des ménages aux biens et services sociaux de base, les principales conclusions que cette études a dégagées ont été annoncées de la manière suivante :
- D’abord, il apparait que les ménages pauvres de la ville de Kinshasa ont une vision relativement homogène de la pauvreté et du bien-être. Pour ces ménages, l’argent constitue l’élément fondamental du bien-être. C’est pourquoi, le manque d’argent prive cette catégorie de populations d’accéder de manière convenable et durable aux biens et services sociaux de base tels que l’électricité, l’alimentation, les soins de santé, l’eau potable, l’éducation, l’assainissement et l’hygiène.
- Ensuite, les analyses effectuées ont globalement démontré que la plupart des dépenses de survie sont des dépenses alimentaires et représentent 69,6% des dépenses totales. Cela est d’autant plus vrai que les ménages pauvres sont constamment préoccupés à résoudre leurs problèmes de sécurité alimentaire. Cette préoccupation tourne donc à m’obsession.
- En outre, les enquêtes menées auprès des populations pauvres de la Ville-province de Kinshasa ont globalement démontré que c’est la pauvreté qui déclenche le problème de l’accessibilité aux biens et services sociaux de base, c’est-à-dire, le manque de revenus peut rendre difficile l’accès à des biens et services essentiels. Autrement dit, les ménages Kinois qui accèdent difficilement à des biens et services sociaux de base ont en commun la pauvreté, étant donné la modicité de leur revenu. Ce qui ne leur permet pas de se procurer des biens en quantité et qualité suffisantes.
- Enfin, les analyses effectuées ont démontré que le niveau de revenu élevé d’un ménage pauvre ne lui garantit pas un accès quantitativement et qualitativement sécurisé aux denrées alimentaires. Cet accès est non seulement fonction de son revenu, mais plus largement de l’étendue de ses ressources sociales, monétaires, cognitives et de la façon dont il va mobiliser ses ressources, c’est-à-dire interagir avec son environnement économique et social. En effet, l’accès insuffisant à des biens et services publics n’est pas seulement une manifestation de la pauvreté, elle est aussi à l’origine de ce fléau qu’il contribue à perpétrer. Ce qui veut dire que la réduction de la pauvreté au sein d’une communauté peut efficacement contribuer à la restauration de la sécurité alimentaire. Car, l’accès à l’élimentation relève du domaine de biens publics, et chaque ménage a droit à ces biens en RDC à travers le PRONAREM.
Un jury d’exception
Cet événement académique de grande envergure a réuni un jury composé d’éminentes figures du monde universitaire congolais :
- Le Professeur Evariste MABI MULUMBA (Président)
- Le Professeur Claude SUMATA MUTUKULA (Secrétaire)
- Le Professeur Guy-bernard NKWEMBE UNSITAL (Promoteur)
- Le Professeur Gabriel KALONDA MBULU (Co-promoteur)
- Le Professeur Charles KINKELA SAVY SUNDA (Membre)
- Le Professeur Gaston MAYEMBE MATSAKI (Membre)
- Le Professeur William BOLIMA BOLITSI (Membre)
Il importe de rappeler que le Professeur Professeur PONGO OSOMBA W’OMATETE Léopold est également auteurs de plusieurs publications et ouvrages, dont notamment :
« Pratiques et expériences de la Chine dans la réduction de la pauvreté : Quelles leçons pour une croissance économique en faveur des couches défavorisées au Congo Kinshasa ». Publié aux éditions universitaires européennes ;
« la dette des pays africains à l’épreuve des Fonds vautours. La RD Congo : Un cas d’école. Constats et pistes de solutions ». Publié aux éditions universitaires européennes ;
À travers ses travaux, il s’impose comme une voix scientifique crédible et engagée dans la réflexion sur les politiques économiques inclusives, la lutte contre la pauvreté et la transformation structurelle des économies africaines.
Au-delà de la reconnaissance académique, cette thèse constitue un véritable outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics. Elle met en lumière le levier essentiel à activer pour améliorer les conditions de vie des populations urbaines les plus vulnérables, tout en soulignant la nécessité d’une approche intégrée et multidimensionnel de la pauvreté.
Au terme de cette soutenance, après délibération, le jury a unanimement, reconnu la qualité du travail présenté. En conséquence, le Professeur PONGO OSOMBA W’OMATETE Léopold a été élevé au grade de Docteur en Sciences économiques avec la mention Grande Distinction, consacrant ainsi l’excellence de sa recherche et la pertinence de ses contributions au champ de l’économie du développement.
