Mise au point sur les critères à privilégier pour la sélection des candidats à la présidence nationale de l’Union.
Après la suspension du Bureau journalier de l’Union pour mauvaise gestion et la désignation d’un comité de crise chargé de conduire l’Union au Congrès prévu pour la mi-décembre, plusieurs hommes de bonne volonté et experts du monde du travail en RDC s’inquiètent de cette période de turbulences que traverse cette organisation syndicale, autrefois fleuron du monde du travail en RDC et co-gestionnaire de l’Action sociale sous la deuxième République en tant que syndicat d’État. Cette centrale connaît une déliquescence due au manque de culture de bonne gouvernance et d’esprit de protection des biens communs.
Pour prévenir les mauvaises pratiques et empêcher le retour des prédateurs ou l’incursion des opportunistes dans la sphère de gestion, un observateur expérimenté de la vie des organisations syndicales congolaises et expert en droit syndical, Sammy d’Elsan Bialu Kalambayi, souligne la nécessité d’engager une rupture de gouvernance et d’extirper les individus qui s’accaparent des ASBL et des organisations communautaires, les gérant à leur guise, imposant leur diktat et se distinguant par l’abus des biens sociaux, l’abus de confiance et le détournement, tous punis par la loi.
Ainsi, pour sauver ce patrimoine, il propose un certain nombre de critères à mettre en avant lors d’un Congrès de rupture et espère sincèrement qu’une Commission spéciale sera créée pour l’élaboration de ces critères, car il s’agit d’un point crucial si l’on veut vraiment sauver ce mouvement syndical qui a fait la fierté de notre pays à travers le monde entier. L’essentiel des propositions de critères est repris in extenso.

Niveau d’affiliation à la nation :
- Être Congolais d’origine, de père et de mère ;
- Être laïc ;
- Ne pas être détenteur d’une nationalité concurrente ;
- Parler au moins deux langues nationales ;
- Disposer de valeurs patriotiques ;
- Ne pas être en intelligence avec des forces étrangères ou terroristes.
Formation universitaire et syndicale :
- Être au moins titulaire d’un diplôme de licence d’une institution universitaire ou supérieure disposant d’un agrément définitif par décret ou ordonnance présidentielle ;
- Formation syndicale : avoir suivi avec succès au moins deux formations syndicales de base en RDC ou à l’étranger ;
- Avoir suivi une formation relative aux techniques de négociation et au processus de prise de décision ;
- Avoir une bonne maîtrise des différentes réglementations du travail dans le secteur public comme privé.
Production scientifique :
- Avoir publié un travail académique, un ouvrage ou un article sur la gestion d’une organisation syndicale ou sur la bonne gouvernance.
Expérience syndicale :
- Avoir une expérience professionnelle dans un établissement public ou privé d’au moins 20 ans ;
- Avoir une expérience de délégué syndical UNTC d’au moins 20 ans ;
- Avoir une expérience de militant syndical d’au moins 20 ans.
Qualifications professionnelles et prestigieuses :
- Avoir une expérience professionnelle d’au moins 20 ans dans une institution privée ou publique avec un grade équivalent au moins à un chef de bureau ;
- Avoir excellé dans son domaine de prédilection, attesté par des brevets, diplômes et autres attestations de mérite.
Moralité (casier judiciaire vierge) :
- Avoir une attestation de déclaration de patrimoine ;
- Être prompt à une gestion transparente et au respect des règles de la comptabilité ;
- Avoir réalisé un parcours professionnel sans heurts, c’est-à-dire ne pas avoir été révoqué pour détournement ou abus de confiance ;
- Ne pas avoir été sanctionné au disciplinaire ou au pénal pour faux en écriture ou insubordination ;
- Avoir initié et concrétisé une réforme sociale en faveur des militants ;
- Être marié et avoir un foyer stable ;
- Ne pas avoir été dénoncé pour ivresse publique.

Qualités humaines (casier judiciaire vierge) :
- Être tolérant ;
- Être protecteur des libertés publiques ;
- Être un fins diplomate ;
- Être courtois et avoir de la considération envers ses collaborateurs et subalternes ;
- Ne pas avoir l’injure facile ;
- Ne pas avoir été dénoncé pour discrimination raciale, religieuse, tribale ou régionale ;
- Ne pas être misogyne et avoir une culture de genre (insérer une disposition sur le droit de la femme) ;
- Être apte à travailler dans une équipe composée d’hommes et de femmes d’horizons divers ;
- Être prêt à travailler sous pression ;
- Jouir de ses droits civiques.

Aptitude physique et mentale :
- Disposer d’une attestation d’aptitude physique (insérer une disposition d’un texte juridique ou de la doctrine) ;
- Avoir passé des examens médicaux auprès d’un neuropsychiatre.
Signé par Sammy d’Elsan BIALU KALAMBAYI
Chercheur à la Chaire du Centre de Recherche Dynamique Sociale
