Le Royaume-Uni vient de vivre une élection législative historique, marquée par une participation massive de 46 millions d’électeurs. Après 14 ans d’absence du pouvoir, les travaillistes reviennent en force sous la direction de Keir Starmer, un ancien avocat de renom, reconnu pour sa rigueur et son intégrité. La victoire écrasante de Keir Starmer face au conservateur Rishi Sunak marque un tournant décisif pour le pays.
En effet, dès son premier jour au 10 Downing Street, Keir Starmer a démontré sa volonté de tenir ses promesses de campagne. Accompagné de plusieurs membres influents de son parti, il a annoncé la fin du projet conservateur controversé visant à expulser les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni vers le Rwanda. Cette décision, annoncée dans une lettre adressée au journal télégraphique, reflète l’engagement des travaillistes à adopter une approche plus humaine et plus respectueuse des droits des réfugiés, contrairement aux conservateurs.
Le projet des conservateurs, initié sous le mandat de Boris Johnson et repris par Rishi Sunak, avait suscité une vive controverse au Royaume-Uni et à l’étranger. Ce plan prévoyait l’expulsion des migrants vers le Rwanda, une mesure critiquée pour son manque de compassion et ses possibles violations des droits humains. Les conservateurs avaient défendu cette politique comme une solution pour dissuader l’immigration illégale et gérer la crise migratoire, mais elle avait été largement condamnée par les organisations de défense des droits de l’homme et par une partie importante de la population britannique.
La promesse des travaillistes…
Pendant sa campagne, le parti travailliste avait promis de mettre fin à ce projet s’il remportait les élections. Keir Starmer avait souligné la nécessité d’adopter une politique d’immigration plus juste et plus humaine, respectant les engagements internationaux du Royaume-Uni en matière de droits de l’homme. La décision d’abandonner le projet d’expulsion vers le Rwanda est une première étape importante dans la réalisation de cette promesse.
Dr. Debora Kayembe, une voix puissante contre le projet conservateur dès son initiation par Boris Johnson

Il importe de rappeler qu’une Congolaise, connaissant les mauvaises conséquences que cette expulsion allait avoir dans la sous-région, et particulièrement dans la partie est de la RDC, a joué un rôle crucial dans la mobilisation contre cette mesure. Le Dr. Debora Kayembe, figure de proue du droit international et Rectrice honoraire de l’Université d’Édimbourg, la troisième plus grande université du Royaume-Uni, s’est élevée contre cette politique qu’elle jugeait non seulement illégale mais également inhumaine.
Pendant la deuxième année de son mandat en tant que Rectrice, le 14 avril 2022, le Premier Ministre britannique de l’époque, Boris Johnson, annonça son projet d’envoyer les réfugiés qualifiés des « indésirables » vers le Rwanda. Cette décision a immédiatement suscité une vague de critiques, tant au niveau national qu’international.
Le Dr. Debora Kayembe, utilisant son influence et son expertise en droit international, s’est rapidement opposée à cette décision. Sur son compte Twitter (X), elle a exprimé son indignation et sa désapprobation en ces termes : « Monsieur le Premier Ministre, nous avons atteint le fond de l’inhumanisme. Ne savez-vous pas que Monsieur Kagame est le chef d’orchestre du génocide Rwandais ? ». C’est suite à cette publication que l’armée numérique du Rwanda lui lança des attaques, jusqu’à recevoir de menace de mort et une pétition en vue de son limonage en tant que Rectrice. C’est en juin 2022 que l’Université d’Edimbourg a abandonné toute poursuite contre son limonage, situation qui poussa le Dr. Debora Kayembe à faire savoir son intention de porter plainte contre l’institution.
Grâce à son statut et à sa détermination, le Dr. Kayembe a réussi à mobiliser un grand nombre de personnes au Royaume-Uni et plus particulièrement à l’Université, mettant en lumière les violations potentielles des droits des réfugiés et les conséquences déstabilisatrices pour la sous-région, notamment pour l’est de la RDC.
L’engagement de Dr. Debora Kayembe a eu un impact significatif sur l’opinion publique et sur les décideurs politiques du Royaume-Uni. Sa voix, combinée à celles d’autres défenseurs des droits humains, a créé une pression suffisante pour remettre en question la légitimité et l’éthique de l’expulsion des réfugiés vers le Rwanda. Cette mobilisation a joué un rôle clé dans la décision du nouveau gouvernement travailliste de Keir Starmer d’abandonner ce projet controversé dès son arrivée au pouvoir.
